Base documentaire
  Accueil > Base documentaire > Techniques anatomo-pathologiques (PCD) > Fiche 31 : GENERALITES EN CYTOLOGIE


  BASE DOCUMENTAIRE

Chirurgie
Gestes techniques
Gyneco/Obstetrique
Médecine
Pédiatrie
Santé publique
Secourisme d’urgence
Techniques de laboratoire
Thérapeutique
Vaccins

  FICHES TECHNIQUES

Images-exemples cytologie et anatomo-pathologie
Techniques anatomo-pathologiques (PCD)

  TRAITEMENT DE LA DOULEUR

Cours de Phnom Penh

  LEDAMED

Projet
Contacts

  TÉLÉMÉDECINE

Télémédecine

 

Imprimer

 

Fiche 31 : GENERALITES EN CYTOLOGIE

Définition :

La cytologie est l’examen microscopique de cellules isolées ou en petits amas, étalées sur une lame en couche mince et colorées. Les cellules peuvent provenir de matériels variés : • liquide : sang, épanchement des séreuses, urines, LCR... • semi liquide : sécrétions vaginales, sperme, aspiration de moelle osseuse... • solide : tumeurs, ganglions, grumeaux de moelle osseuse obtenus en même temps qu’une biopsie médullaire... C’est la sérosité enserrant les cellules qui permet l’adhésion de celles-ci à la lame.

Modes d’étalement :

Ils sont essentiellement de trois types :

L’étalement de matériel centrifugé c’est-à-dire liquides très fluides [urines, épanchements séreux, kystes, LCR, produits de lavage bronchiolo-alvéolaire (L.B.A.) ou de séreuses...]. La cytocentrifugeuse projette les cellules en suspension dans le liquide, sur une lame, perpendiculaire à l’axe de centrifugation. Les cellules sont étalées sur un disque de 0,5 cm de diamètre (« spin »). Le dispositif comporte des godets contenant le liquide, auxquels on fixe la lame, l’ensemble tournant dans une enceinte selon une vitesse pré-affichée (10 min. à 800 tours / min.).

-  Si les amas sont volumineux (tumeur papillaire kystique, épanchement tumoral des séreuses), ils peuvent être retenus dans le fin pertuis par lequel passent les cellules, avant d’être projetés sur la lame.
-  S’il s’agit d’un liquide, il est centrifugé dans une centrifugeuse simple (10 min. à 1200 tours / min.) et le culot ainsi obtenu est étalé comme un frottis.

• Le frottis est la méthode de choix pour les semi-liquides, les liquides très cellulaires (après centrifugation et élimination du liquide excédentaire), pour le sang, les grumeaux de moelle ou de tumeur. • C’est un étalement manuel sur une lame qui se fait soit directement à partir du dispositif de prélèvement (spatules cervicales, écouvillons, brosses etc.), soit à l’aide d’une deuxième lame. Le frottis avec deux lames est applicable à tous les types de matériel. Il se pratique selon deux méthodes, selon la consistance du matériel :

-   Pour un étalement de sang ou d’ épanchement des séreuses ,
-   Une goutte est posée sur la première lame.
-   Une seconde lame est positionnée en formant un angle aigu par rapport à la première, légèrement en avant de la goutte dont les cellules se répartissent par capillarité le long de la tranche.
-   Les cellules sont tirées par cette deuxième lame dans un mince film de plasma qui les fixe sur la première. Les éléments les plus volumineux (amas cellulaires, grandes cellules) se retrouvent en bout de frottis (« sur les franges »).

-   Pour du matériel grumeleux, recueilli par ponction, palpation, échographie ou scanner ,

-   faire glisser la seconde lame par dessus les grumeaux, ce qui permet par une pression douce, entre les deux lames, de dissocier les amas de cellules.

-   on peut écraser délicatement le grumeau entre les deux lames maintenues parallèles l’une au dessus de l’autre, en les faisant glisser en sens opposé. On obtiendra ainsi deux frottis.

Remarques :

-   Le frottis est immédiatement réalisable constituant la méthode de choix pour un examen « extemporané. »
-   Le frottis est à déconseiller pour les liquides très peu cellulaires ( LCR ou liquides de lavage bronchiolo-alvéolaire, de la cavité abdominale etc.).
-   Le frottis est encore applicable pour les masses solides, à condition d’adopter la disposition correcte des deux lames.

Les empreintes :

A partir de biopsies chirurgicales ou de pièces d’exérèse de tumeur, de ganglions, on peut obtenir un matériel cytologique par empreinte, en posant le fragment biopsié ou la tranche de section d’une pièce ouverte sur la lame, après l’avoir préalablement un peu « séchée » avec un papier filtre sans fil ou mieux, en faisant plusieurs empreintes sur différentes lames, les dernières, les plus fines, étant celles à utiliser.

Attention : pour être convenablement identifiables,
-   les cellules doivent être étalées en couche très fine, monocellulaire idéalement, ce qui n’est pas toujours réalisable.
-   les bords et les franges des frottis convenablement réalisés (sauf sur les empreintes trop riches en cellules ou trop liquides) présentent toujours des plages de cellules d’excellente qualité, à condition de bien sécher et fixer...

Séchage et fixation :

Ce sont les protéines de la sérosité qui entoure les cellules (sérum, liquide de kyste, épanchements séreux) qui constituent la « colle » qui les fixe à la lame. Par ailleurs, pour être maintenues dans un état non dégradé, les cellules étalées ont besoin d’être fixées, c’est-à-dire maintenues, alors qu’elles sont mortes, dans un état morphologique proche de celui qu’elles avaient lorsqu’elles étaient vivantes.

Le séchage à l’air par agitation manuelle ou avec un séchoir à cheveux (air froid) doit être rapide pour que les cellules soient collées par la sérosité ainsi desséchée.

-   On peut se passer de fixation pour les lames qui seront colorées par la méthode de May Grünwald Giemsa, la plus utilisée en hématologie, pour les épanchements, les liquides de lavage et pour les ponctions de tumeur.

Ces lames doivent être colorées après :
-   un séchage pendant 24 ou 48 heures (ne s’applique convenablement qu’au matériel liquide ou finement étalé et aux empreintes ; est à exclure pour les liquides visqueux : mucus, matériel vaginal etc., qui sèchent trop lentement, laissant les cellules s’altérer).
-   une véritable fixation par l’alcool méthylique, l’acétone, etc. peut suivre ce séchage, permettant ainsi une préservation indéfinie de ces cellules et,
-   une coloration ultérieure (alcool méthylique et MGG par exemple).

La Fixation peut se faire de plusieurs façons :
-   Une véritable fixation par immersion dans un liquide fixateur, par exemple le mélange alcool-éther avant coloration de Papanicolaou.
-   Une vaporisation d’un film protecteur (« spray ») sur les cellules non séchées, qui les maintient dans un état d’hydratation convenable, dont on les sortira par immersion dans un vrai fixateur.
-   La laque à cheveux constitue un excellent spray, peu coûteux.

Cette vaporisation n’est qu’un moyen de différer la fixation. C’est la méthode utilisée pour les frottis gynécologiques qui seront colorés par la méthode de Papanicolaou ou de Shorr. On l’utilise aussi avec, le plus souvent, une fixation immédiate dans l’alcool-éther pour un matériel tumoral épais, difficile à étaler et à sécher, ou encore quand on suspecte un carcinome malpighien, bien mis en évidence par ces colorations.

NB : Pour les colorations de Papanicolaou et de Shorr les lames doivent être fixées (ou vaporisées puis fixées) alors que l’étalement est humide. A proscrire pour les étalements de cytocentrifugation dont la couche cellulaire est sèche lorsque l’on sort les lames de l’appareil.

Résumé des techniques cytologiques :

Les méthodes de fixation sont à choisir en fonction du type d’étalement (épaisseur, viscosité, richesse en mucus, etc ...). Le type de coloration ultérieure dépend étroitement du mode de fixation. En pratique deux situations peuvent survenir :

Etalements épais, riches en mucus, matériel de tumeur malpighienne, toutes conditions que l’on peut retrouver dans les frottis gynécologiques :
-   vaporisation immédiate au spray, sans laisser sécher le frottis,
-   fixation à l’alcool-éther,
-   coloration de Papanicolaou (ou de Shorr).

Etalements vite séchés, liquides fluides et peu cellulaires, cytocentrifugation, prélèvements hématologiques, ponctions de kyste, de tumeur :
-   séchage rapide à l’air et
-   coloration par May Grünwald Giemsa dans les 24 à 72 h.

Remarques :

-   Les lames non colorées seront fixées dans l’alcool méthylique, leur préservation est alors indéfinie.
-   Pour la coloration des graisses (Oil Red O) elles seront fixées dans l’alcool éthylique à 70°, pour l’immunocytochimie dans l’acétone (après un séchage de 6 à 18 heures).

 

Site réalisé par NetAktiv Multimédia