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Le SIDA, comment en parler à l’école

évaluation d’un programme de sensibilisation et formation des maîtres

En 1999-2001, dans la région du Mayumba en République Démocratique du Congo, un travail de sensibilisation sur le sida a été mené auprès de 180 enseignants en vue de l’éducation de 5 400 écoliers de 13 à 16 ans, dans 12 centres scolaires. Ce projet a été parrainé par Brot für die Welt de Stuttgart, Aktion Dreikönigssingen d’Aachen, Caritas de Genève, Frères et Soeurs de l’Espérance de Genève et Difäm de Tübingen.

Le projet utilise les écoliers comme vecteurs de l’information. Le message central est double : ne pas recevoir le VIH (danger mortel), ne pas donner le VIH ("tu ne tueras pas").

Au préalable, une enquête par questionnaire (3 questionnaires spécifiques) a été réalisée auprès des élèves, des enseignants, et des parents afin de mieux comprendre les attitudes et les représentations des écoliers face à la sexualité et au sida. Cette enquête a montré que les écoliers ont souvent des connaissances partielles, parfois erronées, sur le sida et ses modes de transmission.

A la suite de l’enquête, les objectifs suivants ont été définis pour le projet : * améliorer les connaissances de base des adolescents, * lutter contre les mythes qui encouragent la fatalité et les attitudes irresponsables, * susciter le respect de tous les groupes sociaux (il arrive que la condamnation des prostituées, des chômeurs et des homosexuels est l’occasion de se rassurer soi-même et de ne pas se sentir concerné), * encourager l’abstinence chez les jeunes, plus tard la fidélité et si nécessaire le préservatif, * attirer l’attention des adolescents sur les risques que présente le vagabondage sexuel.

Proposer aux écoliers l’adoption d’un comportement sexuel responsable suppose la collaboration des parents et des enseignants, si bien que la première phase du projet a consisté à former les enseignants à aborder la question du sida à l’école. Parmi les objectifs fixés le projet a aussi intégré la recherche d’un dialogue entre les parents et les adolescents.

Chaque enseignant a été équipé d’un matériel pédagogique adapté pour soutenir l’action éducative, dont une série de "kits" constitués de quatre brochures à remettre aux écoliers. Une de ces brochures était spécialement destinée aux parents. En outre, des tournées théâtrales, réalisées par une troupe spécialisée dans la sensibilisation aux problèmes de santé, ont eu lieu dans les écoles secondaires.

L’impact du projet a été mesuré au cours de l’année 2000-2001 à l’aide d’une nouvelle enquête auprès d’échantillons d’écoliers pour essayer de déterminer le niveau d’amélioration des connaissances et les changements éventuels de comportement.

Le bilan est nuancé : en effet, en ce qui concerne le sida et les risques de transmission, les nouvelles connaissances sont souvent mélangées à des idées plus anciennes, bien ancrées et peu rationnelles. Les connaissances nouvelles ont souvent peu de liens avec la vie réelle et elles influencent donc peu le comportement. En ce qui concerne le contact avec les malades, 60 % des écoliers ont répondu : "je n’ai jamais de contact avec les malades car c’est trop dangereux". La très faible contagiosité n’est pas mentionnée et les notions de compassion et d’assistance ne sont jamais apparues clairement.

Toutefois, parmi les effets positifs de l’action, il y a la libération de la parole. En effet, préalablement à l’action, on avait pu constater la réticence des professeurs à aborder en classe des questions touchant à la sexualité. Après l’action, on constate une amélioration de la communication entre les adolescents mais aussi avec leurs éducateurs. La libération de la parole est la première étape en vue d’une prise de conscience et peut-être d’un changement ultérieur de comportement.

Un autre effet positif concerne l’acquisition de nouvelles connaissances et, chez les professeurs, la capacité de transmettre des messages grâce à leurs informations bien étayées et à un bon usage du matériel pédagogique.

Quant aux changements de comportements, également visés par l’action, ils sont très difficiles à mesurer. Le bilan au terme de l’action fait apparaître qu’un certain nombre de représentions propres au public visé sont autant de freins à un changement de comportement et que tout l’enjeu d’une action d’éducation pour la santé dans le domaine du sida réside dans la transmission d’une juste perception des risques, au moyen d’une pédagogie qui tienne compte des centres d’intérêt des jeunes et de leurs représentations. Parmi les représentations qui " posent problème ", il y a : * le sentiment d’invulnérabilité, une fausse perception du risque : "Je suis encore jeune, le sida, c’est pour les adultes", * la recherche d’une cause exogène : on constate rarement la mise en cause de leur propre comportement tant chez les enseignants que chez les élèves, d’où la projection, spécialement dans le milieu familial (influence malveillante de l’oncle maternel, entre autres), * le faible souci de la protection des autres "ce n’est pas mon problème, les autres se préoccupent-ils de ma protection ?" * la nécessité des "bonnes relations" : une écolière doit satisfaire son professeur, même sans pression de sa part, cela va de soi..."

Les obstacles viennent aussi de la situation économique, du manque de revenu des familles : comment les filles vont-elles payer les frais scolaires si elles n’ont pas "d’amis" plus âgés ? Et pourtant, les études sont prioritaires pour celles et ceux qui ont un projet d’avenir. Par contre, il est difficile de demander à quelqu’un de se préoccuper de sa santé et de celle des autres dans la situation actuelle où l’avenir est incertain, il faut d’abord survivre aujourd’hui. Dans une situation où "il n’y a pas d’avenir", il est illusoire de proposer un changement de comportement dès maintenant

 
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Développement et Santé
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Domaines abordés :
Santé publique

Secteurs abordés :
Education pour la santé

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