Il s’agit de l’ensemble des symptômes survenant après l’inoculation à
l’homme de venins de serpents. C’est un accident rare mais dont
l’issue parfois fatale génère une frayeur à l’origine de conduite
inadaptée.
Physiopathologie : L’envenimation n’est pas systématique en cas de
morsure. L’évolution de la morsure d’un serpent est imprévisible. Une
première envenimation provoque l’immunité contre le venin de l’espèce,
ce qui ouvre la voie de l’immunisation active des individus et des
populations à hauts risques. L’effet toxique d’un venin de serpent est
variable selon de nombreux facteurs (poids du sujet, quantité de venin
injecté, endroit du corps où le venin a été injecté sensibilité propre
à l’individu) Deux grands syndromes sont individualisables : le
syndrome vipérin (oedème local par libération d’histamine, hypotension
artérielle, syndrome hémorragique.) et le syndrome cobraïque
(paralysies en particulier respiratoires par curarisation,
cardiotoxicité avec collapsus cardio-vasculaire.)
Symptomatologie clinique : on recherche des effets locaux ( douleur de
type brûlure, traces de morsures punctiformes distantes de quelques
millimètres, entourées d’une auréole purpurique, ecchymose, oedème
extensif parfois à tout le membre puis nécrose locale ou étendue.),
des effets généraux à type d’agitation associé ou non à des signes
digestifs. D’un point de vue hémodynamique on notera une hypotension
artérielle voire un collapsus ou un choc hypovolémique entraînant une
insuffisance rénale oligo-anurique. Enfin des effets hématotoxiques
(maximum au deuxième jour) apparaissent (hémolyse aiguë
intravasculaire, syndrome hémorragique ...). Les effets neurotoxiques
vont se manifester par l’atteinte des muscles du carrefour
glosso-pharyngo-laryngé et des muscles respiratoires.
La mort consécutive à toutes ces atteintes peut être plus ou moins
rapide.
Traitement en Afrique : dans tous les cas la victime est mise au repos
complet, allongée. Une sérothérapie antitétanique et vaccin
antitétanique est réalisée. On réalise une désinfection locale et le
membre est immobilisé avec légère gêne au retour veineux . En
l’absence d’envenimation : retour au domicile après vingt-quatre
heures de surveillance. Pour tous les autres cas : hospitalisation et
pose d’une voie veineuse périphérique. Il faut calmer l’agitation et
l’angoisse ainsi que les douleurs pour freiner la circulation
sanguine. L’ antibiothérapie est systématique en prévention de la
gangrène ou d’une surinfection constante, corticothérapie également
systématique à visée anti-inflammatoire et prévention des effets
secondaires de la sérothérapie et enfin héparinothérapie standard ou
sous cutanée.
Le sérum antivenimeux (protocole OMS) s’impose le plus tôt possible.
L’éventualité rare de choc anaphylactique impose la mise en place
d’une deuxième voie veineuse. On administre chaque fois que possible
du sérum monovalent correspondant à l’espèce du serpent, dans les
autres cas, du sérum polyvalent.
Les nécroses éventuelles seront également à traiter en fonction de
leurs étendues et à surveiller afin d’éviter la gangrène.
La surveillance est avant tout clinique, locale de la vitesse de
propagation de l’oedème en vérifiant que ne se produise pas une
compression vasculaire : prise des pouls distaux et coloration des
pieds ; des nécroses et des risques de surinfections.
Bien évidemment une surveillance générale hémodynamique, rénale et
respiratoire est indispensable, complétée par une bilan sanguin