Examen du genou chez l'adulte

 

par Olivier Bismuth

Médecin généraliste

Examiner un genou douloureux est une démarche diagnostique complexe. Elle implique

Nous proposons dans l'article les différents éléments à rechercher puis un rappel clinique de différents tableaux pathologiques.

I. Rappel anatomique (voir schémas 1 et 2)

Il. Plaintes et interrogatoire du malade

1. La douleur

On recherche à travers les mots du patient les caractéristiques habituelles : siège, intensité, circonstances d'apparition.

2. Le blocage

C'est l'impossibilité de l'extension, parfois douloureuse, du genou, alors que la flexion est possible. Il cède spontanément ou par quelques mouvements passifs que le patient apprend à connaître. Il évoque une lésion méniscale.

3. Le dérobement

C'est une sensation d'instabilité pouvant entraîner la chute surtout en terrain accidenté. Il évoque la faiblesse d'un des systèmes tendineux d'amarrage.

4. Les craquements

Ils n'ont de valeur pathologique que s'ils sont fréquents. Ils traduisent une détérioration des cartilages et une arthrose.

5. L'impotence fonctionnelle

Secondaire à la douleur et à la raideur, elle est évaluée par le périmètre de marche et contribue à la décision thérapeutique

6. Signes associés

Fièvre, lombosciatique, polyarthralgies de l'arthritique...

7. Le contexte personnel

Activités professionnelles, sportives, antécédents traumatiques, obésité, scoliose, etc.

III. Examens du genou

1. Regarder le patient

- 1.1.1 : des déformations des reliefs anatomiques normaux ou bien un gros genou laissant suspecter un épanchement de synovie ou encore un genou rouge inflammatoire avec éventuellement une plaie.

- 1.1.2 : une déformation axiale avec un genu valgum ou un genu varum (Voir schémas 3 et 4).

Ces anomalies axiales traduisent l'asymétrie de la charge portée par le genou : en valgum, le poids du corps se porte plus sur la tubérosité tibiale externe, en varum, plus sur le compartiment interne.
- objectivent le degré d'une impotence fonctionnelle,

- permettent de localiser la zone douloureuse

2. Palper

3. Manipuler
4 Vérifier qu'il ne s'agit pas d'une douleur dont la cause est à distance IV. Examen radiologique

On ne décrira pas dans cet article les anomalies observées.
On peut proposer comme principales indications de l'examen radiologique :

L'examen radiologique est plutôt utile au chirurgien ou au spécialiste qui le demanderont et l'analyseront, selon le besoin.

V. Orientations diagnostiques et décisions

1. La fracture est évidente ou fortement probable

Par exemple: polytraumatisé, accident de la voie publique, douleurs intenses, impotence fonctionnelle totale, déformation, plaie ouverte, perception d'un trait de fracture rotulien. Le blessé est évacué vers le centre chirurgical le plus proche : on immobilise son genou, on lui administre des antalgiques puissants (morphine si possible) et on veille à son confort pendant le transport.

2. Il existe des signes inflammatoires

Il s'agit de : rougeur, augmentation de la chaleur cutanée, gonflement douloureux du genou.

Dans les deux cas, il est nécessaire d'évacuer vers l'hôpital de référence parce que l'infection relève d'un traitement antibiotique énergique associé à un traitement chirurgical.

Cas particulier - la crise douloureuse aiguë du drépanocvtaire :

Il faut soulager le patient par des antalgiques puissants (dérivés codeïnés, voire éventuellement de la morphine), réhydrater en attendant de discuter les autres traitements (antibiothérapie préventive, hydroxycarbamide (Hydréa®).

3. Une douleur projetée de la hanche et du dos a été écartée

il n'existe pas de sciatalgie et la hanche est bien mobile dans tous les sens.

4. Après ces trois préalables, on s'orientera vers l'un des quatres syndromes suivants

VI Conclusion

Examiner un genou est donc difficile, cela demande de l'expérience.

Deux façons d'examiner sont possibles :

Développement et Santé, n° 159, juin 2002